Samuel BENCHETRIT, Le coeur en dehors
Un adolescent qui vit en banlieue, confie dans son langage, avec tendresse, vivacité, et naïveté ses aventures et mésaventures. Il découvre entre autres que Rimbaud est autre chose que le nom d'une tour, que l'amour c'est vachement important, que le sort des sans-papiers est injuste, etc. Malgré une trame un peu décousue, le récit est solide, il tient surtout par des jeux d'échos, par des motifs, des retours d'expressions pitoresques... Si l'esprit de l'adolescent part dans tous les sens (il a des problèmes de concentration), la narration reste, par derrière très maîtrisée. Il en va de même du langage faussement restitué de la banlieue. C'est quelque chose d'élaboré, au contraire, qui crée des effets pour ainsi dire musicaux. Le personnage est par moments attachant, et même drôle. Dans une scène notamment, il fait des expériences culinaires désastreuses, et c'est tourné d'une manière très plaisante. Par ailleurs, il tombe amoureux, s'ouvre aux autres, est sensible à la beauté des choses et des arts, à Picasso comme à Rimbaud... Il est parfait en somme, et pense tout ce qu'il faut sur tout. Un futur gendre idéal, tout gentil, tout tendre. Même quand elle est bien faite (ce qui est le cas ici), la guimauve à haute dose finit tout de même par écoeurer.
BENCHETRIT (Samuel), Le coeur en dehors, Grasset, 2009.
BENCHETRIT (Samuel), Le coeur en dehors, Grasset, 2009.
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