Stephenie MEYER, Fascination
Qu'est ce qui fascine tant dans cette chose? J'ai hésité, me suis laissé tenter, mais je n'ai eu finalement aucune révélation. Fascination, c'est d'abord une adolescente mal dans sa peau, avec de petits problèmes familiaux, et qui a une peur terrible et pas tellement infondée, du groupe des élèves qui vont l'accueillir. Ce sont ensuite de ces histoires qui prennent une importance dramatique pour une jeune fille de cet âge, et qu'un observateur plus âgé ne peut s'empêcher, malgré toute son empathie et son ouverture d'esprit, de trouver un peu nunuche, tout de même. C'est ensuite une histoire d'amour, mais avec un jeune garçon on ne peut plus étrange, et qui ne peut que renforcer l'écart ressenti entre elle et les autres. Progressivement on se rend compte que ce garçon n'est pas naturel. Les ficelles là dessus sont un peu grosses, la découverte progressive de sa véritable nature est assez besogneuse. C'est peut être là, la force de ce roman : faire en sorte que les adolescentes s'identifient, car le cadre est réaliste, et certaines choses sont bien vues, notamment sur le sentiment de rejet ou de solitude, et ensuite introduire un élément fantastique, qui apporte une symbolique outrancière, un peu bébète, mais impressionnante pour un public qui n'a pas encore beaucoup lu, sur l'amour et la mort. Là où l'auteur est habile, c'est que cet élément fantastique ne vient pas comme un cheveu sur la soupe, Edward (le vampire) un trop différent des autres pour ne pas être déjà un genre de pariat dans le lycée. Le gouffre entre le naturel et le surnaturel ne fait qu'agrandir le fossé entre les bien intégrés et les mal intégrés. Aussi ce livre fonctionne-t-il aussi comme une revanche imaginaire, qui peut apporter son lot de jouissances.
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