Magda SZABO, L'instant La Créüside
Énée ne pouvait pas refonder Troie dans le Latium sans épouser Lavinia, et il ne pouvait prétendre à ce mariage d'intérêt sans que meure Créüse, son épouse troyenne. Chez Virgile, l'apparition du fantôme de Créüse devant Énée est peut être l'une des pages les plus sublimes qui n'aient jamais été écrites. Peu importe. Magda Sazbo ne s'en effraie pas, elle se révolte contre la version officielle du destin de cette femme. À l'instant fatidique, Créüse tue Énée (qui est d'ailleurs une parfaite nouille), pour accomplir le destin à sa place. Tout repose sur une curieuse théorie du destin, selon laquelle il existe un instant particulier, où il est possible de le faire basculer, mais cet instant, il faut savoir le reconnaître, et ne pas le rater.
Magda Szabo fait donc une réécriture de l'Énéïde, qui se veut probablement décapante. Tout est redit en termes politiques, en termes modernes et prosaïques :
"Cassandre, ma cousine la plus fine et la plus enjouée, il est insupportable que les contes aient fait de toi une détraquée, ou une vieille fille inspirée des dieux, alors que tu étais la projection vivante de la sagesse politique d'Hécube, notre média primitif, la métacommunication."
Malgré l'ingéniosité et l'habileté de la construction, ce procédé m'exaspère. À quoi bon ramener Virgile à la bien-pensance moderne, et faire passer cette profanation littéraire pour de la subvertion politique? Cela a été fait cent fois, de rapiécer les mythes et de n'en faire sortir que de la vulgarité. Du moins, cette lecture a ceci de bon qu'elle m'a donné un vif désir de me replonger dans Virgile.
Magda Szabo fait donc une réécriture de l'Énéïde, qui se veut probablement décapante. Tout est redit en termes politiques, en termes modernes et prosaïques :
"Cassandre, ma cousine la plus fine et la plus enjouée, il est insupportable que les contes aient fait de toi une détraquée, ou une vieille fille inspirée des dieux, alors que tu étais la projection vivante de la sagesse politique d'Hécube, notre média primitif, la métacommunication."
Malgré l'ingéniosité et l'habileté de la construction, ce procédé m'exaspère. À quoi bon ramener Virgile à la bien-pensance moderne, et faire passer cette profanation littéraire pour de la subvertion politique? Cela a été fait cent fois, de rapiécer les mythes et de n'en faire sortir que de la vulgarité. Du moins, cette lecture a ceci de bon qu'elle m'a donné un vif désir de me replonger dans Virgile.
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