Haruki MURAKAMI, Danse, danse, danse

Publié le par Lucretius

Le personnage principal de Danse, danse, danse a pour profession d'écrire, non pas de la littérature, mais des articles insignifiants dans des journaux pour boucher les trous, et parce qu'il faut bien produire. Il appelle ça du "déneigement culturel". Il a horreur du gaspillage et reconnaît en même temps sa necessité. Si on lui demande de se décrire, il ne donnera que de sèches informations factuelles. Travaillé par la vacuité de son existence, légèrement distancé, à côté, il est tenu pour bizarre, quoi qu'il se considère tout à fait normal.

Une force irrésistible l'appelle à l'hôtel du Dauphin, où il a vécu auparavant. Pour suivre cette injonction, il quitte Tokyo et son métier insensé. Quand il arrive, il trouve, au lieu de l'hôtel miteux où il se sentait bien, un grand palace de luxe, qui curieusement garde le même nom. Pourquoi cette métamorphose? D'où vient la nervosité extrème de la réceptionniste?

Murakami construit méthodiquement un délire insondable. Le personnage est confronté petit à petit à des surgissements d'un monde fantastique ; c'est à la fois destabilisant et loufoque, et cela reste intrigant jusqu'au bout. On descend dans un monde presque onirique, mais sans jamais avoir l'impression de s'échapper, ou de fuir la réalité. Bien au contraire, on suit chacune des fantaisies incroyables de ce roman comme des découvertes essentielles. Danse, danse, danse est un livre d'une grande imagination, d'une puissante originalité, mais surtout, il constitue une exploration intérieure grâce à laquelle les inventions les plus extravagantes ne semblent jamais gratuites.
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C
Je n'ai pas autant aimé ce livre que "La course au mouton sauvage"...Je n'ai pas trouvé qu'il apportait beaucoup au précédent. Sans doute le Murakami que j'ai le moins apprécié pour l'instant...
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