Robert LITTELL, L'hirondelle avant l'orage
Le grand poète russe Mandelstam subit, comme tout russe à cette époque, la dictature paranoïaque de Staline, en même temps qu'il est fasciné par le personnage. Il n'est plus que l'ombre de lui-même, et quand il dit son nom, on lui répond : "il y avait autrefois un poète nommé Mandelstam...". Il ne sortira de sa torpeur que pour oser une chose insensée : lancer un poème épigrammatique contre Staline.
Robert Littell, dans un art situé entre la fiction et l'essai historique, restitue admirablement les interrogatoires, décrit les méthodes, les rouages compliqués et fous de cette immense machine. Les procès soviétiques sont connus pour être truqués, et reposer sur des manipulations et des lavages de cerveaux, et sont pour cela devenus proverbiaux. Mais quand les détails sont racontés, comme ici, on a l'impression d'être dans un cauchemar, ou d'être sous le coup d'hallucinations effrayantes... et en même temps, étrangement, l'ensemble est si grotesque qu'il prêterait presque à rire. Celui qui interroge et torture Mandelstam en est aussi un connaisseur passionné. Leur dialogue n'en est que plus vif et prenant. Si les bourreaux étaient de simples brutes, les choses seraient trop simples : tout le mérite du récit de Robert Littel est de rendre compte de cette complexité, et de faire un portrait à la fois terrifiant et nuancé de Joseph Staline.
Le début du récit semble anodin, et peu à peu, malgré la platitude du style, on est saisi, fasciné. Robert Littell n'a pas seulement su trouver un sujet passionnant, il a aussi construit un roman qui est à la hauteur, car il terrifie et charme en même temps.
Robert Littell, dans un art situé entre la fiction et l'essai historique, restitue admirablement les interrogatoires, décrit les méthodes, les rouages compliqués et fous de cette immense machine. Les procès soviétiques sont connus pour être truqués, et reposer sur des manipulations et des lavages de cerveaux, et sont pour cela devenus proverbiaux. Mais quand les détails sont racontés, comme ici, on a l'impression d'être dans un cauchemar, ou d'être sous le coup d'hallucinations effrayantes... et en même temps, étrangement, l'ensemble est si grotesque qu'il prêterait presque à rire. Celui qui interroge et torture Mandelstam en est aussi un connaisseur passionné. Leur dialogue n'en est que plus vif et prenant. Si les bourreaux étaient de simples brutes, les choses seraient trop simples : tout le mérite du récit de Robert Littel est de rendre compte de cette complexité, et de faire un portrait à la fois terrifiant et nuancé de Joseph Staline.
Le début du récit semble anodin, et peu à peu, malgré la platitude du style, on est saisi, fasciné. Robert Littell n'a pas seulement su trouver un sujet passionnant, il a aussi construit un roman qui est à la hauteur, car il terrifie et charme en même temps.
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