Rodrigo Rey Rosa, Pierres enchantées
Pierres enchantées, est un roman singulier, qui s'ouvre sur une description âpre et incommode du Guatemala. Tous les niveaux de corruption de cette « république de morts », sont saisis, en un style lapidaire. Au début, un jeune garçon, fils adoptif d'un chef d'entreprise, est renversé par une voiture, dont le conducteur, qui du reste est peu fréquentable, a le bon réflexe de ne pas s'arrêter, afin d'éviter un lynchage inévitable. Celui-ci part se cacher, non sans avoir laissé à un ami sa voiture, qui a quelque chose d'encombrant. L'affaire se complexifie au fur et à mesure, et de nouveaux visages viennent sans cesse apporter de nouvelles nuances à ce tableau boueux. Le plus fort est d'avoir mêlé l'enfance à ce tableau, sans que l'esprit d'enfance disparaisse totalement. Mais s'il n'a pas disparu, il laisse voir un pourrissement certain. Regrettons que ce roman n'aille pas jusqu'au bout. Le souffle en est volontairement coupé. Dans ce roman, nulle résolution à attendre. Mais le supplice est sûr.