Jorge Luis BORGES, Le rapport de Brodie
Le rapport de Brodie est un recueil de nouvelles, qui racontent chacune avec une fausse simplicité une histoire faussement linéaire. Borges y traite de motifs éternels et familiers : la rivalité, le duel, la vengeance, le meurtre, la traitrise ou la crucifixion. Mais ces récits aux traits nets sont introduits d'une manière incertaine : "On dit (mais c'est peu probable) que cette histoire fut racontée par Eduardo...", "Quand on parcourt les journaux tous les matins, c'est pour s'empresser de les oublier...". Toutes ces histoires se perdent ; leur origine n'est pas attestée, elles découlent de fables déformées. Nul réalisme : tout est suspendu à un univers plus lointain, qui appartient à la poésie. Les destins des personnages semblent dominés par des histoires plus anciennes qu'eux, et qu'ils ne connaissent pas ; on glisse subtilement dans le fantastique. Parfois c'est simplement un objet, un couteau, réalité plus durable qu'un humain, qui prend possession d'une vie. Dans l'une des nouvelles les plus frappantes, une rivalité dont l'origine se perd, se résoud magistralement par une course de deux corps décapités. Les haines transcendent la vie. La nouvelle la plus réussie L'évangile selon saint Marc est remarquable par sa construction empoisonnée.
Borges montre dans ces nouvelles un unviers singulier, âpre et poétique, où la concision et la netteté n'empêchent jamais l'impalpable éclosion d'un mystère.
Borges montre dans ces nouvelles un unviers singulier, âpre et poétique, où la concision et la netteté n'empêchent jamais l'impalpable éclosion d'un mystère.
Publicité